Supervision
Vous êtes thérapeute et vous avez décidé de vous lancer dans l'obtention du Diplôme Fédéral de thérapeute complémentaire ? Alors déjà : bravo!
Ensuite, vous savez sans doute que vous devrez faire plusieurs heures de supervision avant de pouvoir vous inscrire mais ne savez pas exactement ce qu'implique l'exercice en question. Voici quelques éléments de réponse :
Pour commencer, c'est quoi exactement la supervision ?
La supervision, c'est un processus d'accompagnement qui vise à soutenir les thérapeutes, débutants (mais déjà installés dans une pratique régulière) ou expérimentés . Elle constitue un espace d'échange sécurisé et confidentiel, où les thérapeutes peuvent discuter de leurs expériences, partager leurs questionnements et recevoir des retours constructifs.
La supervision n'est pas une thérapie, ni une formation. Elle se déroule sous la forme d'échanges, au cours desquels sont explorés des situations, des émotions, des défis rencontrés dans le cadre d'un cabinet.
Pour un thérapeute, l'objectif de la supervision est de mieux comprendre son travail, d'assurer sa posture professionnelle, d'élargir son champ de compétence et ainsi renforcer sa pratique.
Dans le cadre du Diplôme fédéral de thérapeute complémentaire, la supervision joue un rôle crucial, à chaque étape de l'examen. De fait, ce ne sont pas les compétences dans une méthode qui sont testées, lors de l'examen, mais bien les compétences personnelles, sociales et méthodologiques.
Le candidat au DF Ortra Tc doit être en mesure de réfléchir au concept de Thérapie Complémentaire (ci-après Tc), à sa propre posture en lien avec les limites de la Tc et être capable de démontrer qu'il a une compréhension approfondie du profil d'un thérapeute Tc ainsi que des bases de la Tc.
C'est exactement l'objectif de la supervision :
- réfléchir à notre posture, à faire le tri entre ce qui nous appartient et ce qui nous appartient pas, dans la relation thérapeutique.
- mettre des mots, apporter un éclairage différent sur des situations qui mettent parfois le/la thérapeute en difficulté et ainsi nourrir la réflexion sur les notions de cadre, de distance.
- échanger sur les aspects "pratiques" de la gestion d'un cabinet, aspects qui sont parfois bloquants et dans lesquels un/une thérapeute peut avoir l'impression de se noyer.
La supervision, c'est également partager un moment entre thérapeutes et ainsi se rendre compte que les soucis rencontrés dans la solitude du cabinet sont souvent partagés.
Echanger avec nos pairs, c'est également faire de belles rencontres, alimenter notre réseau et découvrir des situations auxquelles nous n'avons pas encore été confrontées et ainsi avoir des pistes de réflexion et/ou de solution en amont.
Du coup, la supervision, c'est pour qui?
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Pour les personnes qui ont obtenu un Certificat de Branche et qui se présentent au Diplôme Fédéral, 36 heures de supervision sont requises. Seule obligation : 8 heures de supervision individuelle sont obligatoires. Pour les 28 heures restantes, la liberté est totale : elles peuvent être faite en groupe ou individuellement, c'est égal. Je vous invite à vous référer au règlement de l'Ortra Tc pour les détails.
Pour information, la supervision traite de la thérapie complémentaire, pas de méthode spécifique. Vous pouvez donc parfaitement faire une supervision chez un superviseur qui ignore tout de votre méthode. Personnellement, je le conseille même : c'est le meilleur moyen de ne pas tomber dans le travers habituel qui consiste à discuter exclusivement technique ou choix du traitement.
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Pour les thérapeutes qui n'ont plus de diplôme et autre certificat à passer, mais qui ont parfois envie de se retrouver dans un espace privilégiant la réflexion, l'écoute.
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Pour les thérapeutes qui ont envie de partager leur expérience en proposant des pistes, des solutions directement nées de leur pratique personnelle.
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Pour les thérapeutes qui, malgré "leur bouteille", ont ponctuellement besoin de parler d'une situation difficile, d'être soutenus et entendus, pour continuer à grandir, apprendre et garder du plaisir à pratiquer leur méthode.
Supervision en groupe ou individuelle ?
Les deux! Contrairement à ce qu'indiquent certains instituts de formation, il n'y a qu'une seule obligation : il faut faire au minimum 8 heures de supervision individuelle. Pour le reste, vous êtes totalement libre! C'est une affaire de goût et de personnalité, mais également un peu de budget...
Personnellement, je trouve les deux versions de la supervision extrêmement enrichissantes, pour des raisons différentes.
La supervision individuelle permet une attention personnalisée, avec une focalisation exclusivement portée sur les besoins spécifiques du/de la thérapeute. Les problématiques soulevées peuvent faire l'objet d'une analyse approfondie et plusieurs thèmes peuvent être abordées en une seule séance.
La supervision de groupe permet l'exposition à différentes approches holistiques, enrichissant le partage d'expériences et de perspectives. Les interactions, l'écoute active se déroulent dans un respect qui fait qu'on se sent véritablement soutenu-e et entendu-e. L'isolement professionnel qu'on ressent parfois est réduit, le soutien du groupe permet de renforcer notre propre résilience. J'ai souvent ressenti, en sortant d'une supervision de groupe, un vrai sentiment d'appartenance et de connexion avec des thérapeutes dont j'ignorais tout 3 heures avant. La certitude qu'on est toutes et tous dans le même bateau!
En tant que superviseuse admise par l'Ortra Tc, je propose des supervisions individuelles à CHF 80 pour une heure. Elles se déroulent dans mon cabinet de la Jonction, à Genève.
Dès 2025, des supervisions de groupe seront organisées, toujours à mon cabinet. Il s'agira de supervisions de 3 heures, avec 6 participants-es maximum, afin de garantir une vraie qualité d'échanges. Les dates seront prochainement en ligne, stay tuned !
